Le journal de la Ligue d'Improvisation Estivale


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Une demi-finale survoltée!

Résumé - Publié le 12 août 2016 par Marie-Hélène Harvey

C’est dans une ambiance chaleureuse, intense et enflammée que débute la demi-finale de la Ligue d’improvisation estivale 2016. L’enjeu est grand : une place en finale pour affronter l’équipe de Saint-Patrice. De part et d’autre, on sent la volonté des joueurs de donner tout ce qu’ils ont et de jouer le match d’une vie.
L’arbitre Ouellet met la table dès la première improvisation à ce match qui sera, selon plusieurs, un des meilleurs matchs de l’été. En effet, la première improvisation est annoncée comme une comparée, devant inclure tous les joueurs de l’équipe, ayant pour thème « Au grand mot les grands remèdes ». Les spectateurs auront donc l’occasion de voir à l’œuvre dès cet instant tous les artisans de la joute de la soirée. C’est dans une salle d’attente d’un médecin incarné par Michael Redmond que nous mène d’abord l’équipe de Saint-François où la joueuse Bélanger incarne une patiente chatouilleuse de l’aine. Du côté de Saint-Ludger, l’univers d’un restaurant nous est présenté dès les premières secondes où une cruciverbiste incarnée par Katy-Ève Côté énonce des mots tels que « boskette » et « kakarou ». À la fin de la première impro, le verdict tombe : comptage. Déjà, nous disons nous, déjà, ce match s’annonce comme une chaude lutte.
Par la suite, s’enfile presque trois mixtes (j’y reviendrai) où d’abord Clément Desbiens et Jonathan Imhoff voyagent ensemble vers le Nouveau-Brunswick et, contre toute attente, nous apprennent finalement qu’il s’agit véritablement d’une histoire de tueur à gage. Décidemment, ces joueurs (et le Nouveau-Brunswick) n’ont pas fini de nous surprendre. Par la suite, la mixte suivante se joue à la manière de la science fiction dont le thème « Aux confins de la galaxie » inspire les joueurs Étienne Tremblay et Marc-Olivier Dugas-Pelletier vers la Tribu des dangereux « Xorg » où les « Noctaris » sont difficiles à trouver. Vous n’y comprenez rien ? Il fallait y être … Je disais tout à l’heure que c’étaient enfilées « presque » trois mixtes puisque l’improvisation suivante est de catégorie mixte/comparée. En effet, la catégorie « Fauteur de trouble » oblige un joueur d’une équipe à aller foutre le trouble (justement !) dans l’improvisation de l’autre équipe. Marc-Olivier Dugas Pelletier et Julie-Anne Pelletier sont les fauteurs de trouble de part et d’autre.
Par la suite, une improvisation comparée incluant uniquement un joueur par équipe met en scène d’un côté, un Marc-Olivier Dugas Pelletier qui incarne un sorti de prison venant menacer une ancienne victime et un Niels de Sevin incarnant trois personnages différents où un mignon petit garçon écrit au mari de son enseignante afin de lui déclarer son amour pour sa femme (comprenez-vous ? il fallait y être…). La période se termine sur une improvisation mixte d’une durée de six minutes. Un cadeau bien sûr pour les joueurs en place puisqu’ils ont le temps de bien installer leur histoire et de développer leur personnage comme un comédien dans un long métrage de Denys Arcand.
La pause vient donner un répit aux joueurs en place qui ont déjà tout donné. J’ai eu l’occasion de les observer durant cette période et je constate qu’un boit de l’eau pour se rafraîchir, l’autre sort à l’extérieur afin de respirer de l’air frais et ainsi oxygéner son cerveau et un autre s’achète un chip. Je tairai les noms des personnes concernées. À ce moment, le pointage est 4 à 2 pour Saint-François, mais ça, les joueurs ne le savent pas encore.
La deuxième partie reprend. La tension et la joie de vivre sont à leur comble. Il est possible de voir les étoiles briller dans les yeux du public présent. C’est beau à voir. J’ai d’ailleurs personnellement versé une larme devant ce magnifique tableau.
La deuxième partie débute par une improvisation « taxi » où Michael Redmond incarne un cocher prêt à mener ses passagers où bon leur semble et où la joueuse Côté se trouve au volant de la Jésus-mobile prête à guider les brebis égarées de ce monde. Première occasion où il est possible pour le public de voir le torse du joueur Imhoff, qui incarne alors une olympienne suédoise de volleyball de plage. Ledit torse fera une apparition remarquée à quelques reprises dans le match.
La huitième improvisation est une mixte dont le thème, « Une très bonne blague », fait place à une bonne vieille blague de tirage de bobettes. Un classique. Dans la comparée suivante, les rouges de Saint-François nous présente une cantine où on sert à la fois du smoked-meat frit et de la fondue chinoise ; le resto de rêve quoi! Du côté des bleus de Saint-Ludger un mariage tourne mal à cause d’une cuisinière bossue.
Après une mixte mimée, nous assistons à une comparée, où d’un côté la maman Julie-Anne Pelletier constate de manière impromptue que son fils de six mois s’exprime comme un adulte articulé et responsable. Vous comprendrez qu’elle en était abasourdie. Du côté de Saint-François, la joueuse Suzanne McMoutarde a un problème avec son VHS Vidéotron alors qu’elle souhaite louer un film pour adulte. Elle doit donc communiquer avec les techniciens de service. Vous comprendrez son malaise. Ensuite, une mixte chantée à la manière de Duos célèbres nous permet d’entendre les voix suaves et distinguées des joueurs Katy-Ève Côté et Jonathan Imhoff.
Le match se termine sur une improvisation mixte de style crescendo sous le thème « Au gré du vent ». On voit d’abord un couple tranquille incarné par Katy-Ève Côté et Michael Redmond qui vogue tranquillement sur le lac Saint-Hubert. Par la suite, le couple Niels de Sevin et Jonathan Imhoff incarnent un couple amoureux à la SEBKA qui sont survolés par la comédienne Ève Landry en jet-pack. Cette improvisation aurait visiblement pu être commandité par Tourisme Bas-Saint-Laurent, mais le duo Clément Desbiens et Marc-Olivier Dugas-Pelletier viennent mêler les cartes. En effet, le Bas-Saint-Laurent « prend le bord » (comme on dit) alors que deux guerriers en dirigeable sont à la recherche de dragons d’or qu’ils souhaitent tuer à l’aide de cure-dents magiques (il fallait y être …).
Fin du match. Le verdict tombe. Victoire de Saint-Ludger par la marque de 9 à 7. Veuillez noter qu’il y a eu une erreur dans le pointage final annoncé au match et que celui figurant dans le présent résumé est le véritable score. De part et d’autres, les joueurs se félicitent, se serrent dans leur bras, heureux de leur saison régulière ; les uns gonflés à bloc pour jouer la finale et les autres, émus et heureux d’une saison qui, disons le, a été exceptionnelle.
Il reste donc un match à la Ligue d’improvisation estivale de Rivière-du-Loup en cette année 2016. Cette finale affrontera donc les Bleus de Saint-Ludger aux Verts de Saint-Patrice. Ici Marie-Hélène Harvey, pour Le Feuillet Paroissial, à Rivière-du-Loup.